Guide de la « Nuit des Résistances »

Guide de la Nuit des Résistances
ou comment s’organiser pour le 13 juillet
Par le collectif de la Nuit des Résistances

Voici un guide destiné à tous les organisateurs potentiels et les participants de l’événement nommé « Nuit des Résistances ». Son rôle est de répondre aux interrogations émises depuis le lancement de l’appel initial et d’apporter des précisions sur le principe, les visées ainsi que le fonctionnement de cette action citoyenne. Nous espérons qu’il vous aidera, tout en vous laissant libre dans les formes à donner à cette manifestation.

Qu’est-ce que la « Nuit des Résistances » ?

Tout d’abord, il faut savoir ce que signifie le nom de l’événement lui-même. Les apparences sont parfois trompeuses, la ressemblance avec la « Nuit des Ecoles », organisée par les enseignants et parents d’élèves du primaire, qui avait connu un grand succès pour protester contre les mesures Darcos, n’est que fortuite. Mais nous nous réjouissons de ce hasard, qui permet au concept de s’installer et de démontrer son efficacité. Le nom de cet événement, tout aussi militant, avait été choisi il y a déjà plusieurs mois. Beaucoup de festivités estivales sont appelées « nuit de… », ce qui explique la première partie du terme. N’est-ce pas un moment propice aux rencontres ? Ne dit-on pas que la nuit porte conseil ? Pour montrer la multitude des luttes et des revendications qui nous rassemblent, le terme « résistances » est au pluriel. Nous parlons bien de Résistances contre des phénomènes, qui sont ici les politiques de nos dirigeants. Mais chacun interprétera à sa guise ce mot qui a l’avantage de ne pas être partisan. Aucune idéologie précise n’est d’ailleurs revendiquée, ni l’appartenance à un courant politique. Il faudra en effet oublier les clivages pour réaliser l’union, sans pour autant perdre nos valeurs. Résister ce n’est pas que se défendre, c’est aussi aller de l’avant car « résister c’est créer ! ».

Elle est organisée en été pour marquer une continuité dans les actions du reste de l’année. La vie ne s’arrête pas quand nous sommes en vacances, les luttes non plus. Il est important de ne pas faire une pause trop importante afin que les réseaux continuent à fonctionner. La connotation est bien sûr plus festive pour permettre des rencontres et des échanges dans la bonne humeur. Outre le fait que le 13 juillet soit le jour de la révolution de 1789 (veille de la prise de la Bastille), c’est aussi un dimanche qui précède un jour férié. Le clin d’oeil historique et le côté pratique prévalent donc dans le choix de la date. Maintenant, il faut relever ce défi que nos dirigeants disent impossible, nous rassembler en plein été.

Mais alors, qu’est vraiment la « Nuit des Résistances » ? C’est une action de citoyens, vers les citoyens, pour les citoyens. Nous voulons dépasser les querelles partisanes et rassembler tous ceux, qui pour une raison ou pour une autre, sont opposés à la politique de nos dirigeants. Une date pendant laquelle des réunions seront organisées dans de nombreuses villes et villages de France pour informer la population et se réunir, car nous avons tous à apprendre sur les luttes voisines. Tous les secteurs sont concernés, de la défense de nos services publics à celle de nos libertés en passant par le soutien aux sans-papiers ou le refus de la précarité… C’est un premier pas vers une lutte à mener ensemble contre une politique globale, une étape obligée si nous voulons viser plus haut. La « Nuit des Résistances » c’est un concept qui laisse sa liberté d’action à tous les acteurs qui organiseront l’événement. Que ce soient des citoyens seuls, des associations, des collectifs, des syndicats, des partis… chacun doit trouver sa place et relever ses manches. Nous restons le principal danger pour nos gouvernements, car le peuple est souverain. C’est une première expérience, ambitieuse car à l’échelle nationale, qui en appellera d’autres. C’est aussi la volonté de sortir des actions déprimantes et démobilisatrices, de prouver que nous pouvons agir dans une ambiance enthousiaste. C’est la mise en pratique de la devise : « l’union fait la force ».

Qui en sont à l’origine ?

L’idée naît en Charente, où les lycéens du Comité d’Action Local d’Angoulême, engagés dans le mouvement contre la casse du service public d’éducation, veulent réunir tous ceux qui luttent, jusque là séparément, pour aller plus loin ensemble. La Coordination de Soutien Citoyenne de Poitiers et le Réseau Citoyen pour l’Ecole en Charente participent à l’élaboration du projet et l’appuient localement. Le Comité de Résistance Citoyenne apporte son aide pour relayer l’appel à l’échelle nationale, organiser ou proposer l’organisation de cette action à d’autres associations, formelles ou informelles, dans un maximum de villes .
Ce sont les premiers signataires de l’ « Appel à la Nuit des Résistance ». Il s’agit d’organisations citoyennes indépendantes, pacifistes, défendant les valeurs humanistes, créatrices de réseaux militants et très actives lors des mouvements sociaux. Elle savent que la réflexion est nécessaire avant de passer à l’action. Leur but n’est en aucun cas de tirer profit des manifestations mises en place le 13 juillet.

Toute organisation le désirant peut devenir signataire et organisatrice d’actions ce jour-là. Il suffit de contacter le collectif de la « Nuit des Résistances » à l’adresse de messagerie créée pour l’occasion (voir plus bas). La communication entre les différents organisateurs
est primordiale pour référencer les mairies concernées et tisser ce réseau militant.

Quels sont les objectifs ?

D’abord, il faut se rassembler. De toutes les sensibilités politiques, de tous les milieux sociaux, de tous les âges, de toutes les luttes… nous devons nous retrouver et échanger. Cet échange doit permettre la création de réseaux militants locaux, facilement mobilisables et comprenant des individus très différents, mais dès lors en contact. Malgré nos désaccords, nous devons être unis pour rejeter la politique gouvernementale actuelle. Chacun vient avec ses revendications et s’intéresse à celles des autres. Les réseaux locaux seront connectés entre eux pour tisser un réseau national indépendant et non hiérarchisé, où chacun pourra proposer des initiatives. Le maître-mot est « communication » entre nous si nous espérons que nos actions futures aient une portée sur la politique que nous critiquons.

On en profite pour informer. Si nous devons nous réunir en plein air et non dans une salle c’est bien pour être au contact de la population, qui selon la forme des manifestations pourra venir participer activement et dans tous les cas s’y intéresser. Nous avons des messages à faire passer, c’est l’occasion ! Informer la population sans nécessairement passer par des médias c’est possible et la proximité ça paie. Si chacun, nous apportons notre pierre à l’édifice et même si le résultat n’est pas toujours instantané, la population y sera sensible. Certains changeront d’avis sur nos gouvernants, d’autres sur ceux qui luttent (grâce à l’emploi de formes novatrices et pas forcément perturbatrices) et tous réfléchiront. Mieux, ils inviteront leur entourage à réfléchir. Nous cherchons une prise de conscience du peuple, sans quoi tout changement démocratique est vain.

Comment ça fonctionne ?

Chacun fait ce qu’il veut. Ou presque, car il faut respecter certaines règles, sans quoi ce ne serait pas la « Nuit des Résistances » ! D’abord, une date unique pour toute la France : le 13 juillet. Ensuite, un lieu commun : la mairie (autour, dedans, dessus, dessous…). La volonté de faire changer les choses, de rassembler des gens différents, d’être visibles. Tout ça dans un esprit convivial voire festif. Enfin, un signe qui permette de savoir que l’action s’appelle « Nuit des Résistances ». Il est important de comprendre que quel que soit le nombre de participants, le fait d’avoir agit est une réussite.

Ensuite, libre cour à l’imagination. Des organisateurs pensent à faire un repas, d’autres à camper, inviter des groupes de musique, des troupes théâtrales ou de spectacles de rue, un meeting, une manifestation, un sit-in… Permettez-nous d’apporter quelques conseils. Il serait bien inspiré d’apporter des tables pour délimiter un périmètre et disposer du matériel, une banderole avec simplement marqué « Nuit des Résistances », prévoir des animations et de quoi se restaurer. Même une personne seule peut agir et avoir un impact non négligeable.

Informez de cette action. Il est capital de prévenir de la tenue de cet événement. Pour cela, vous disposez de nombreuses possibilités. Tout d’abord sur internet, postez sur les sites participatifs, utilisez votre messagerie et votre liste de contacts, contactez les associations susceptibles de vous aider. Ensuite sur le terrain, vous pouvez facilement imprimer des affiches comprenant le terme « Nuit des Résistances le 13 juillet », le lieu, l’horaire, éventuellement l’action envisagée et les causes défendues. Les organisations qui mettent en oeuvre la Nuit des Résistances localement peuvent apporter leur signature, signe de crédibilité. Vous pouvez aussi distribuer des tracts, et, selon les moyens à votre disposition, imaginez d’autres modes d’information. N’hésitez pas à prévenir la presse !

N’oubliez pas d’apporter du « matériel militant ». C’est à dire des affiches voire des banderoles estampillées « Nuit des Résistances » pour décorer votre espace et ne pas laisser les passants indifférents. Sur place, disposez des tracts, des guides, des livres… tout type de documents pour faciliter les échanges et aller au contact de la population. Faites en sorte d’être vu !

Pensez à prévenir votre mairie, selon les cas ça peut se révéler utile. Il est facile d’appeler les forces de l’ordre pour « trouble à l’ordre public ». Le caractère bon enfant de l’action doit être précisé. Envisagez un lieu de repli au cas ou.

Vous pouvez contacter les médias pour les informer de cette action, la presse locale pourra l’annoncer avant qu’elle ait lieu. Vous pouvez aussi convier les journalistes pendant l’action, même si la médiatisation n’est pas un objectif en soi.

Et qui peut l’organiser ?

Tous ceux qui trouvent cette idée intéressante. Ça peut donc être n’importe qui. Des citoyens anonymes ou déjà membres de collectifs, des associations qui invitent la population, plusieurs organisations qui oublient leurs divisions pour un appel commun au rassemblement… Dans certaines villes, un syndicat organisera une manifestation festive et unitaire, dans d’autres un père de famille campera devant sa mairie en espérant être rejoint massivement, une coordination lycéenne proposera un concert militant, une association diffusera des films… Cependant, personne ne pourra tirer profit de l’action à son propre compte. Quelques heures suffisent pour la mettre en place si vous trouvez les bons contacts !

Il n’y a rien à perdre et tout à gagner ! L’idée est maintenant lancée, à vous de la saisir au vol. Sans vision à long terme, nos luttes ne seront jamais assez structurées. Le temps presse pour utiliser les libertés qui n’ont pas encore été ôtées. Rassembler les résistants est une préoccupation de tous les instants, des suites sont donc à donner localement pour que ces réseaux prennent réellement forme. Débattons, expliquons, ne cédons jamais si nous croyons à nos revendications ! Vous l’avez compris, cette action est osée mais, sans culot ni un profond désir d’avancer, nous perdrons nos combats. Qui ne tente rien n’a rien. Soyons optimistes et actifs, persévérons. « Lorsqu’un seul homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est un début de réalité ». Bonne chance et bon courage à vous !

Complément d’informations :

·        Lisez et téléchargez l’appel initial : http://storage.canalblog.com/86/87/291654/27524997.pdf

·        Accédez au blog de l’événement : https://nuitdesresistances.wordpress.com

·        Accédez au forum de l’événement : http://lecrc.forumactif.fr/index.htm

·        Adressez un mail au collectif : nuitdesresistances@gmail.com

·        Utilisez ce logo ou d’autres : http://storage.canalblog.com/80/79/291654/27564042.jpg

·        L’appel circule : www.humanite.fr/Nuit-des-Resistances ; http://www.lepost.fr/article/2008/07/04/1218675_appel-a-la-nuit-des-resistances-le-13-juillet-2008.html ; http://bellaciao.org/fr/spip.php?article68534

N’oubliez pas de parler de cette action par tous les moyens à votre disposition. Nous sommes tous des médias ! Communiquez à travers vos blogs, forums, sites communautaires… pour informer de l’événement. Prévenez vos proches, vos contacts, votre réseau ! Et même si vous ne pouvez pas vous rendre devant une mairie le 13 juillet, faites suivre ce guide et restez attentifs à la suite des événements !

Guide réalisé Par le collectif de la Nuit des Résistances
La libre circulation de ce guide est fortement recommandée.

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